Pour appliquer la TVA à 10 % — ou à 5,5 % — à des travaux dans un logement achevé depuis plus de deux ans, le client n'a plus à remplir le formulaire Cerfa 1300-SD ou 1301-SD : il certifie les conditions du taux réduit par une mention portée sur le devis ou sur la facture. L'administration publie le texte de cette mention ; il est reproduit ci-dessous, prêt à copier. Les anciens formulaires restent admis. En dessous de 1 000 € TTC de réparation ou d'entretien, quatre indications suffisent. Vous gardez un exemplaire du document certifié ; le client garde le sien jusqu'au 31 décembre de la cinquième année qui suit la facture.
Des centaines de recherches visent encore chaque mois « attestation TVA 10 % » et « cerfa 1301 ». Le réflexe est compréhensible : pendant vingt ans, pas de taux réduit sans le formulaire signé. Ce n'est plus la règle. Depuis la loi de finances pour 2025, la certification se fait sur le devis ou sur la facture, en une phrase. Voici cette phrase, et tout ce qui va avec.
Ce qui a changé en 2025
| Avant | Depuis le 16 février 2025 | |
|---|---|---|
| Le document | Une attestation sur formulaire Cerfa : 1301-SD (« simplifiée ») pour les travaux courants, 1300-SD (« normale ») pour les travaux touchant au gros œuvre ou au second œuvre | Une mention portée sur le devis ou sur la facture, par laquelle le client certifie que les conditions du taux réduit sont remplies |
| Qui signe | Le client, avant le début des travaux | Le client : sur le devis avant les travaux, ou sur la facture par son règlement |
| Les anciens formulaires | Obligatoires | Toujours admis : un client qui vous remet un 1301-SD rempli vous couvre de la même façon |
| Conservation | Cinq ans | Inchangée : le client garde le document jusqu'au 31 décembre de la cinquième année qui suit la facturation ; vous en gardez un exemplaire |
Tout cela est dans la doctrine de l'administration fiscale, republiée le 9 septembre 2026 : « le preneur certifie sur le devis ou la facture », les deux parties conservent un exemplaire, et les attestations 1300-SD et 1301-SD « restent admises ». La certification n'était pas exigée pour les travaux déjà en cours à la date du changement.
La mention à copier sur un devis
L'administration précise que ses modèles sont des illustrations et que « la rédaction d'une telle mention est laissée à la libre appréciation du preneur », à condition qu'elle comporte tous les éléments nécessaires. Le plus sûr est de reprendre le texte tel quel. Voici celui de la lettre-modèle BOI-LETTRE-000280, dans sa version du 9 septembre 2026, pour des travaux à 10 % :
Je soussigné(e) ............................ certifie, que les travaux réalisés concernent des locaux à usage d'habitation achevés depuis plus de deux ans et qu'ils n'auront pas pour effet, sur une période de deux ans au plus, de concourir à la production d'un immeuble neuf au sens du 2° du 2 du I de l'article 257 du CGI, ni d'entraîner une augmentation de la surface de plancher des locaux existants supérieure à 10 %.
Pour des travaux de rénovation énergétique à 5,5 %, la mention est la même, avec le nom du client en toutes lettres, la précision « en qualité de preneur de la prestation », et une fin qui change : « … supérieure à 10 % et qu'ils ont la nature de travaux de rénovation énergétique. »
Je soussigné(e) ........................... (Nom, prénoms) certifie, en qualité de preneur de la prestation, que les travaux réalisés concernent des locaux à usage d'habitation achevés depuis plus de deux ans, qu'ils n'auront pas pour effet, sur une période de deux ans au plus, de concourir à la production d'un immeuble neuf au sens du 2° du 2 du I de l'article 257 du CGI, ni d'entraîner une augmentation de la surface de plancher des locaux existants supérieure à 10 % et qu'ils ont la nature de travaux de rénovation énergétique.
La mention à copier sur une facture
Quand il n'y a pas eu de devis certifié — un dépannage décidé sur place, une intervention pour un syndic sur ordre de service —, la certification peut se faire sur la facture. Le texte change : c'est le règlement de la facture qui vaut certification.
Par le règlement de la présente facture, le client certifie, en qualité de preneur de la prestation, que les travaux réalisés concernent des locaux à usage d'habitation achevés depuis plus de deux ans, qu'ils n'ont pas eu pour effet, sur une période de deux ans au plus, de concourir à la production d'un immeuble neuf au sens du 2° du 2 du I de l'article 257 du CGI, ni d'entraîner une augmentation de la surface de plancher des locaux existants supérieure à 10 %.
La version à 5,5 % ajoute, là encore, « et qu'ils ont la nature de travaux de rénovation énergétique » à la fin de la phrase.
Ce que le client certifie, mot à mot
- Des locaux à usage d'habitation — un logement, ses dépendances, les parties communes d'un immeuble d'habitation. Un local mixte compte si l'habitation en occupe au moins la moitié.
- Achevés depuis plus de deux ans à la date du début des travaux.
- Des travaux qui ne produisent pas un immeuble neuf : pas de reconstruction, pas de remise à neuf des fondations, de la structure, des façades ou de la majorité du second œuvre sur deux ans.
- Pas plus de 10 % de surface de plancher en plus, toujours sur deux ans.
- Pour le 5,5 % : que les travaux sont des travaux de rénovation énergétique, au sens du code général des impôts.
Pour des travaux de réparation et d'entretien d'un montant inférieur à 1 000 € TTC, l'administration admet que la mention complète ne figure pas. Il suffit que le devis ou la facture porte le nom et l'adresse du client, l'adresse de l'immeuble, la nature des travaux, et l'indication que l'immeuble est achevé depuis plus de deux ans. C'est le cas de la plupart des dépannages.
Qui signe, qui garde quoi, qui paie si c'est faux
- Le client certifie ; vous appliquez le taux. Sur un devis, il signe ; sur une facture, c'est son règlement qui vaut certification.
- Dès le premier acompte, le taux réduit s'applique : la mention doit donc être là avant d'encaisser.
- Vous gardez un exemplaire du devis ou de la facture certifiés, à l'appui de votre comptabilité. Le client garde le sien jusqu'au 31 décembre de la cinquième année suivant la facturation.
- Si la mention est inexacte du fait du client, il est solidairement tenu du complément de TVA : c'est sa signature.
- Vous restez seul débiteur si vous avez appliqué le taux réduit à des équipements qui en sont exclus — climatisation, pompe à chaleur air/air, chaudière collective… —, ou si vous ne pouvez pas produire la certification. Un client de bonne foi qui avait oublié de certifier peut encore le faire sur une facture rectificative.
À qui la mention peut être demandée
Le preneur qui certifie peut être le propriétaire, occupant ou bailleur ; le syndicat des copropriétaires, par son syndic ; le locataire, l'usufruitier, l'occupant à titre gratuit ; une société civile immobilière, un marchand de biens, une agence immobilière mandatée. Une compagnie d'assurance à laquelle sont facturés les travaux de remise en état d'une habitation, parce qu'elle se substitue à l'assuré après un sinistre, peut aussi l'être : l'assuré lui remet alors une copie du devis ou de la facture certifiés.
Un cas ne passe pas : le sous-traitant qui facture son donneur d'ordre. Le taux de 10 % ne concerne que des travaux facturés au propriétaire, au syndicat, au locataire, à l'occupant ou à leur représentant ; entre le sous-traitant et l'entreprise principale, c'est le taux normal, le plus souvent en autoliquidation. Pour savoir quels travaux relèvent de 10 %, de 5,5 % ou de 20 %, voyez notre guide TVA en dépannage : 10 % ou 20 % ?
Les erreurs qui coûtent la différence de taux
- La mention absente : sans certification, et sans possibilité de la produire, le taux réduit ne tient pas — la différence est due par vous.
- La mention signée après coup, une fois le contrôle annoncé : elle ne vaut rien.
- Le taux réduit sur un équipement exclu — fourniture d'une climatisation ou d'une pompe à chaleur air/air, chaudière en immeuble collectif, ascenseur —, même avec une mention parfaitement remplie.
- Le 10 % facturé au donneur d'ordre quand vous êtes sous-traitant.
- La mention « simplifiée » recopiée d'un vieux formulaire, sans les deux conditions sur l'immeuble neuf et la surface de plancher : elle ne comporte pas tous les éléments nécessaires.
Sur le téléphone du technicien, l'attestation de TVA se remplit et se signe sur l'écran, comme le bon d'intervention ; le PDF est rangé dans le dossier de l'intervention, à côté du devis et de la facture, et envoyé par e-mail au client. Le taux de TVA se choisit ligne par ligne sur le devis et sur la facture, et le taux par défaut vient de la fiche du client.
Voir les devis et factures dans ProwyserQuestions fréquentes
Le Cerfa 1301-SD est-il encore obligatoire ?
Non. Depuis la loi de finances pour 2025, le client certifie les conditions du taux réduit par une mention sur le devis ou sur la facture. Les formulaires 1300-SD et 1301-SD restent admis : si un client vous en remet un, il vous couvre de la même façon.
Où trouver le texte exact de la mention ?
Dans la lettre-modèle BOI-LETTRE-000280 de l'administration fiscale, dont la version en vigueur date du 9 septembre 2026. Les quatre mentions — devis et facture, à 10 % et à 5,5 % — sont reproduites mot pour mot sur cette page, avec un bouton pour les copier.
Faut-il la mention pour un petit dépannage ?
En dessous de 1 000 € TTC de réparation ou d'entretien, l'administration admet une version allégée : le nom et l'adresse du client, l'adresse de l'immeuble, la nature des travaux, et l'indication que l'immeuble est achevé depuis plus de deux ans. Au-delà, la mention complète.
Qui est responsable si le logement avait moins de deux ans ?
Le client, s'il a certifié à tort : il est solidairement tenu du complément de TVA. Mais si c'est vous qui avez appliqué le taux réduit à un équipement exclu, ou si vous ne pouvez pas produire la certification, vous êtes seul débiteur.
La mention suffit-elle pour un syndic ou une assurance ?
Oui. Le syndicat des copropriétaires, représenté par son syndic, est un preneur qui peut certifier ; une compagnie d'assurance qui se substitue à l'assuré après un sinistre aussi, l'assuré lui remettant une copie du devis ou de la facture certifiés. Seul le sous-traitant qui facture son donneur d'ordre est exclu du 10 %.
Combien de temps garder le devis ou la facture certifiés ?
Le client conserve son exemplaire jusqu'au 31 décembre de la cinquième année qui suit la facturation. De votre côté, gardez le vôtre à l'appui de votre comptabilité, au moins aussi longtemps.
Sources officielles
- BOFiP — BOI-LETTRE-000280 : modèles de mention valant certification pour des travaux de rénovation et de rénovation énergétique (version du 9 septembre 2026)
- BOFiP — BOI-TVA-LIQ-30-20-90-40 : modalités d'application du taux réduit, certification sur le devis ou la facture, seuil de 1 000 €, conservation, responsabilité (version du 9 septembre 2026)
Ce guide est une information générale, à jour à la date indiquée ; il ne remplace pas un conseil juridique. En cas de doute, reportez-vous aux textes cités.
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