Une facture émise ne se modifie pas et ne se supprime pas : elle se corrige par une facture d'avoir, ou par une nouvelle facture qui l'annule et la remplace. L'avoir rappelle le numéro et la date de la facture d'origine, indique le montant hors taxes repris et la TVA correspondante, et prend son propre numéro. C'est lui qui vous permet de récupérer la TVA d'une prestation annulée ou d'une remise accordée après coup. Une facture impayée, en revanche, ne s'annule pas par un avoir : la dette de votre client subsiste.
Une erreur de prix, une intervention annulée, une remise consentie pour garder un client, une pièce reprise : tôt ou tard, une facture déjà partie doit être corrigée. La tentation est de la rouvrir et de la renvoyer. C'est précisément ce qu'il ne faut pas faire : la facture d'origine reste, et un second document vient la rectifier.
Quand faut-il un avoir ?
- Une erreur sur la facture : prix, quantité, taux de TVA, destinataire.
- Une prestation annulée, en tout ou en partie, après facturation — y compris un acompte facturé pour un chantier qui ne se fera pas.
- Une remise, un rabais ou une ristourne accordés après coup : geste commercial, malfaçon reconnue, remise de fin d'année à un donneur d'ordre.
- Une pièce ou un matériel repris.
- Un trop-perçu que vous remboursez.
Ce que dit le code général des impôts
Deux phrases suffisent. La première, à l'article 289, fait de l'avoir une facture à part entière :
Tout document ou message qui modifie la facture initiale […] est assimilé à une facture.
Code général des impôts, article 289, I-5
Le même alinéa exige que ce document fasse référence à la facture initiale « de façon spécifique et non équivoque ». La seconde, à l'article 272, explique pourquoi il faut s'en donner la peine : la TVA d'une vente ou d'une prestation annulée vous est imputée ou remboursée, mais à la condition de justifier de « la rectification préalable de la facture initiale ». Sans avoir, pas de TVA récupérée.
Les articles 272 et 289 du code général des impôts sont abrogés à cette date et repris dans le code des impositions sur les biens et services. Les règles décrites ici sont celles qui s'appliquent aujourd'hui ; nous mettrons les numéros d'articles à jour à ce moment-là.
Deux façons de corriger une facture
La doctrine de l'administration fiscale admet deux méthodes, et précise ce que chacune doit porter.
| La note d'avoir | La facture de remplacement | |
|---|---|---|
| Ce qu'elle fait | Elle retranche un montant de la facture d'origine, qui reste valable pour le surplus | Elle annule la facture d'origine et la remplace entièrement |
| Ce qu'elle doit porter | La référence à la facture initiale — numéro et date —, le montant hors taxes repris et la TVA correspondante | La référence exacte à la facture initiale et la mention expresse de son annulation, avec toutes les mentions d'une facture |
| Quand la préférer | Remise, retour, annulation partielle, annulation totale | Erreur sur le client, sur l'adresse, sur la nature de la prestation : tout ce qui rend la facture illisible |
Les mentions d'une facture d'avoir
- Son propre numéro, unique, dans une suite chronologique et continue : un avoir ne reprend jamais le numéro de la facture qu'il corrige.
- Sa date d'émission.
- La référence de la facture d'origine : son numéro et sa date. Pour une remise de fin d'année portant sur de nombreuses factures, l'administration admet une référence au contrat ou à l'ensemble des factures, avec la période concernée.
- Les noms et les adresses des parties, comme sur la facture.
- Le montant hors taxes repris, le taux et le montant de la TVA correspondante.
- Le total hors taxes et la TVA dus après la réduction.
- Le motif, en une ligne : « annulation de l'intervention du 12 septembre », « remise commerciale de 10 % ». Aucun texte ne l'impose, mais c'est ce que cherchera votre comptable — et un contrôleur.
Deux mentions d'une facture ordinaire peuvent être omises sur une facture rectificative : votre numéro de TVA intracommunautaire et la référence à une disposition d'exonération. Le plus simple reste de garder le même gabarit que vos factures.
Trois exemples chiffrés
1. L'intervention annulée
Vous avez facturé d'avance le curage annuel d'une colonne, 480 € HT, TVA à 10 %, soit 528 € TTC. Le syndic annule la commande avant votre passage : la copropriété a changé de prestataire.
| Hors taxes | TVA à 10 % | TTC | |
|---|---|---|---|
| Facture F-2026-214 du 8 septembre | 480,00 € | 48,00 € | 528,00 € |
| Avoir A-2026-031 du 15 septembre, en annulation totale | − 480,00 € | − 48,00 € | − 528,00 € |
| Reste dû | 0,00 € | 0,00 € | 0,00 € |
2. La remise accordée après coup
Facture de 1 200 € HT, TVA à 20 %, soit 1 440 € TTC. Le client signale une finition bâclée ; vous consentez une remise de 10 %.
| Hors taxes | TVA à 20 % | TTC | |
|---|---|---|---|
| Facture d'origine | 1 200,00 € | 240,00 € | 1 440,00 € |
| Avoir — remise de 10 % | − 120,00 € | − 24,00 € | − 144,00 € |
| Reste dû après la remise | 1 080,00 € | 216,00 € | 1 296,00 € |
Vous récupérez 24 € de TVA ; si votre client est une entreprise qui avait déjà déduit les 240 €, il doit réduire sa déduction d'autant.
3. La remise « nette de taxes »
Pour un petit geste commercial envers un client professionnel, l'administration admet une voie plus simple : vous renoncez à récupérer la TVA, et l'avoir indique que le rabais est « net de taxes ». À deux conditions : que cette mention figure sur l'avoir, et que la TVA de la facture d'origine ne soit pas modifiée. Votre client n'a alors aucune déduction à corriger. Sur une remise de 100 €, vous laissez la TVA correspondante à l'État pour vous épargner, à tous les deux, une régularisation.
Facture impayée : surtout pas d'avoir
C'est l'erreur la plus coûteuse. Émettre un avoir sur une facture que le client ne paie pas, c'est écrire qu'il ne vous doit plus rien. La doctrine fiscale le dit sans détour : la dette du client défaillant subsiste, et la facture initiale ne doit pas être modifiée.
Quand une créance devient définitivement irrécouvrable, la TVA que vous avez versée peut être récupérée — mais par une autre formalité : l'envoi au client d'un duplicata de la facture, surchargé d'une mention très apparente indiquant les sommes restées impayées et précisant que la TVA correspondante ne peut pas être déduite, ou d'un état récapitulatif de ses factures impayées. Les conditions sont strictes : voyez votre expert-comptable avant de le faire. Et avant d'en arriver là, il y a la relance, la mise en demeure et l'injonction de payer : c'est l'objet de notre guide Facture impayée.
Avec un particulier : avoir ou remboursement ?
Le mot recouvre deux choses. L'avoir comptable, dont parle ce guide, constate que le client vous doit moins que ce que disait la facture. Ce que devient cette somme — un remboursement, ou un crédit à valoir sur une prochaine facture — se décide avec lui. Et quand c'est vous qui êtes en tort, un consommateur n'est pas tenu d'accepter un crédit à valoir : il peut exiger d'être remboursé. Dans les deux cas, l'avoir s'émet de la même façon.
Les avoirs sont des documents à part entière, comme les devis, les factures, les acomptes et les factures de situation : numérotés, rattachés au client et au dossier de l'intervention, avec leur PDF. La facture d'origine reste intacte ; l'avoir vient s'y ajouter dans le dossier, et votre comptable retrouve les deux.
Voir les devis et factures dans ProwyserQuestions fréquentes
Peut-on modifier ou supprimer une facture déjà envoyée ?
Non. Une facture émise se corrige par un second document : une note d'avoir, ou une nouvelle facture qui porte la référence exacte de la première et la mention expresse de son annulation. C'est aussi la condition pour récupérer la TVA d'une opération annulée.
Un avoir doit-il faire apparaître la TVA ?
Oui, si vous voulez récupérer la TVA correspondante : l'avoir indique alors le montant hors taxes repris et la TVA qui s'y rapporte. Vous pouvez y renoncer en indiquant que le rabais est « net de taxes » : la TVA de la facture d'origine n'est pas modifiée, et votre client professionnel n'a pas à corriger sa déduction.
Quel numéro donner à une facture d'avoir ?
Un numéro qui lui est propre, unique, dans une suite chronologique et continue. L'avoir étant assimilé à une facture, il ne reprend jamais le numéro de la facture corrigée : il la cite, avec sa date.
Faut-il un avoir pour une facture impayée ?
Non : ce serait effacer la dette. La facture reste due, et se relance. Si la créance devient définitivement irrécouvrable, la TVA se récupère par une formalité distincte — un duplicata de la facture portant une mention spéciale —, à voir avec votre expert-comptable.
Avoir ou facture de remplacement : que choisir ?
L'avoir, dès que la facture d'origine reste juste pour l'essentiel : remise, retour, annulation partielle ou totale. La facture de remplacement quand l'erreur touche ce qui identifie l'opération — le client, l'adresse, la nature de la prestation : on annule alors la première par un avoir total ou par la mention d'annulation, et l'on refait une facture propre.
Sources officielles
- Légifrance — code général des impôts, article 289, I-5 : le document qui modifie une facture est assimilé à une facture (en vigueur jusqu'au 1er janvier 2027)
- Légifrance — code général des impôts, article 272 : récupération de la TVA des opérations annulées, sous condition de rectification de la facture (en vigueur jusqu'au 1er janvier 2027)
- BOFiP — BOI-TVA-DECLA-30-20-20-20 : factures rectificatives, notes d'avoir, rabais « net de taxes », opérations impayées (version du 19 janvier 2022)
- Service-public.gouv.fr — acompte, avance, arrhes et avoir : quelles différences ? (vérifié le 5 août 2025)
Ce guide est une information générale, à jour à la date indiquée ; il ne remplace pas un conseil juridique. En cas de doute, reportez-vous aux textes cités.
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