La convention IRSI — indemnisation et recours des sinistres immeuble — est un accord entre assureurs qui règle, depuis le 1er juin 2018, les dégâts des eaux et les incendies en immeuble jusqu'à 5 000 € HT par local. Pour la recherche de fuite, en immeuble, c'est en principe l'assureur de l'occupant du logement sinistré qui organise la recherche de fuite, et la convention IRSI répute ces frais garantis par tout contrat qui assure les locaux. L'assureur du propriétaire prend le relais quand la recherche est destructive, quand l'occupant n'est pas assuré ou quand le logement est vacant ; l'assureur de l'immeuble s'occupe des parties communes. Dans une maison individuelle, le client paie le professionnel, puis demande le remboursement à son assureur.
« C'est mon assurance qui paie ? » La question arrive avant même que vous ayez posé la caisse à outils. La réponse tient dans un texte que peu de plombiers ont lu : la convention IRSI — indemnisation et recours des sinistres immeuble —, un accord passé entre les compagnies d'assurance. Elle dit qui organise la recherche de fuite, qui en supporte le coût, et ce qu'elle recouvre exactement. Ce guide la résume, articles à l'appui, puis en tire ce que cela change pour vous.
La convention IRSI en trois lignes
La convention IRSI est, selon service-public, « un accord entre compagnies d'assurance » destiné à simplifier le règlement des dégâts des eaux et des incendies dans les immeubles. Elle s'applique aux sinistres survenus depuis le 1er juin 2018, date à laquelle elle a remplacé la convention CIDRE ; ses règles actuelles sur la recherche de fuite datent de son édition de février 2020. Elle joue dès qu'un sinistre met en cause au moins deux assureurs adhérents, et raisonne par local sinistré, en euros hors taxes :
| Dommages, par local | Ce que prévoit la convention |
|---|---|
| Jusqu'à 1 600 € HT | L'assureur gestionnaire indemnise, sans recours contre un autre assureur. |
| De 1 600 € à 5 000 € HT | L'assureur gestionnaire fait réaliser une expertise pour le compte de tous, indemnise, puis peut exercer un recours. |
| Au-delà de 5 000 € HT | Le sinistre est géré hors convention : chaque assureur intervient selon son contrat et les responsabilités. |
L'assureur gestionnaire est celui qui instruit le dossier : en règle générale l'assureur de l'occupant du local sinistré, celui du propriétaire quand le local est vacant, et celui de l'immeuble pour les parties communes. Restent hors champ, entre autres, les chambres d'hôtel et les chambres d'hôtes, ainsi que les sinistres dont l'origine est extérieure à l'immeuble — intempéries, inondations.
Le texte le dit lui-même : « Cette Convention est inopposable aux victimes, assurés ou tiers. » Elle organise le travail des assureurs entre eux. Les droits de votre client viennent de son contrat d'assurance. Et vous, artisan, n'êtes pas partie à cette convention : c'est votre client, ou le donneur d'ordre qui vous missionne, qui vous doit le prix de votre intervention.
La convention IRSI en dix points
Pour ceux qui veulent la convention elle-même, et pas seulement son effet sur la recherche de fuite : voici ce qu'elle prévoit, article par article, dans son édition de février 2020.
| Ce que prévoit la convention | |
|---|---|
| 1. Ce qu'elle couvre | Les dégâts des eaux et les incendies survenus dans un immeuble, en parties privatives comme en parties communes, depuis le 1er juin 2018. Elle a remplacé la convention CIDRE ; la CIDE-COP, propre aux copropriétés, est maintenue. |
| 2. Quatre conditions, cumulatives | Un immeuble qui n'est pas exclu — les chambres d'hôtel et d'hôtes le sont —, au moins deux assureurs adhérents en cause, une origine située dans l'immeuble ou un immeuble voisin, et un montant sous le plafond. Une seule cause exclue, et tout le sinistre sort de la convention. |
| 3. Les montants | Tous en euros hors taxes, et appréciés local par local : un même sinistre peut relever de la tranche 1 chez un voisin et de la tranche 2 chez un autre. |
| 4. Tranche 1 : jusqu'à 1 600 € HT | L'assureur gestionnaire évalue les dommages « par tous moyens à sa convenance » et indemnise ; les assureurs renoncent entre eux à tout recours. |
| 5. Tranche 2 : de 1 600 à 5 000 € HT | Une expertise pour compte commun est obligatoire, confiée par l'assureur gestionnaire aux experts auxquels il fait habituellement appel ; ses conclusions s'imposent aux assureurs des locaux. L'INC indique une convocation dans les quinze jours de l'ordre de mission et un rapport dans les dix jours suivant l'identification de la cause. |
| 6. Au-delà de 5 000 € HT | Le sinistre est traité hors convention, selon les autres conventions entre assureurs ou le droit commun. |
| 7. L'assureur gestionnaire | L'assureur de l'occupant du local sinistré, quelle que soit sa qualité — propriétaire, locataire, occupant à titre gratuit ; celui du propriétaire non occupant si le local est vacant ; celui de l'immeuble pour les parties communes, et à titre subsidiaire quand un copropriétaire n'est pas assuré. |
| 8. Ses missions | Instruire le dossier, évaluer, indemniser pour le compte de tous, exercer les recours — et, si nécessaire, organiser la recherche de fuite puis inviter la partie concernée à réparer la cause. |
| 9. La recherche de fuite | Réputée garantie par tout contrat qui assure les locaux ; franchises et plafonds inopposables entre assureurs, dans la limite de 5 000 € HT par assureur. La réparation de la cause en est exclue. Les investigations faites avant la déclaration, par l'occupant ou le syndic, restent à la charge de leur propre assureur, sans remboursement. |
| 10. Ses limites | « Cette Convention est inopposable aux victimes, assurés ou tiers. » Les droits de l'assuré viennent de son contrat — et l'INC rappelle que la recherche de fuite n'y est parfois couverte qu'en option payante. |
Ce que recouvre exactement la « recherche de fuite »
L'article 3.1 de la convention la définit largement : ce sont toutes les investigations, destructives ou non, nécessaires pour trouver et localiser la cause ou l'origine du dégât des eaux, afin de protéger les biens et d'éviter que le sinistre s'aggrave. Deux précisions comptent pour vous :
- la remise en état est comprise. Si vous avez dû ouvrir un coffrage, déposer une trappe ou casser un carrelage pour trouver la fuite, la remise en état de ce que la recherche a abîmé fait partie de la recherche de fuite ;
- la réparation ne l'est pas. Le texte est sans ambiguïté : « La réparation de la cause est exclue de la recherche de fuite. » Remplacer le raccord, le flexible ou la canalisation en cause est une autre prestation ; la convention prévoit seulement que l'assureur gestionnaire invite la partie concernée à la faire réaliser.
Qui organise la recherche de fuite
L'article 3.2 répartit les rôles selon la situation du local. La fiche de service-public sur l'assurance dégâts des eaux reprend la même logique.
| Situation | Qui organise la recherche |
|---|---|
| Logement occupé, par un locataire ou par son propriétaire | L'assureur de l'occupant |
| La recherche doit être destructive | L'assureur du propriétaire non occupant |
| L'occupant n'est pas assuré | L'assureur du propriétaire non occupant |
| Location meublée ou saisonnière | L'assureur du propriétaire non occupant |
| Congé donné ou reçu au plus tard le jour du sinistre | L'assureur du propriétaire non occupant |
| Logement vacant | L'assureur du propriétaire non occupant |
| Parties communes | L'assureur de l'immeuble |
| Copropriétaire non assuré | L'assureur de l'immeuble, à titre subsidiaire |
Retenez le cas de la recherche destructive : dès qu'il faut casser, ce n'est plus l'assureur du locataire qui a la main, mais celui du propriétaire. Avant de sortir le burin chez un locataire, assurez-vous que le propriétaire est dans la boucle, et son assureur avec lui.
Qui paie
L'article 3.3 pose un principe et une exception :
- le principe : chaque assureur prend en charge les recherches de fuite organisées à son initiative ou à celle de son assuré ;
- l'exception du syndic : en copropriété, quand c'est le syndic qui a fait faire la recherche et que la fuite vient d'un lot privatif, c'est l'assureur du copropriétaire concerné, occupant ou non, qui la prend en charge.
Service-public le formule ainsi : si la fuite vient des parties communes, l'assureur de la copropriété prend en charge la recherche ; si elle vient d'un lot privatif, « c'est l'assureur du lot concerné » qui en supporte le coût.
La convention ajoute une garantie de fond (article 1.1.4) : tout contrat qui assure les locaux, privatifs ou communs, est réputé garantir les frais de recherche de fuite, et les assureurs ne peuvent pas s'opposer entre eux leurs franchises ni leurs plafonds. Le plafond propre à la recherche de fuite est de 5 000 € HT par assureur. Entre assureurs, aucun recours n'est possible tant que les frais ne dépassent pas 1 600 € HT ; au-delà, le recours s'exerce sur la base de la facture et des éléments sur la cause et les circonstances — à commencer par le rapport de recherche de fuite.
Et dans une maison individuelle ?
Quand un seul assureur est concerné — typiquement le propriétaire qui occupe sa maison —, la convention ne joue pas. Service-public décrit alors un circuit plus simple, et moins confortable pour le client : il cherche lui-même un professionnel, le paie, puis demande le remboursement à son assureur. C'est à lui de vérifier, avant votre intervention, ce que son contrat prévoit.
Ce que cela change pour le plombier
- Sachez qui vous commande l'intervention. L'occupant, le propriétaire, le syndic, ou un assisteur missionné par l'assureur : c'est lui votre client, et c'est lui que vous facturez. Si c'est un particulier, le devis détaillé avant travaux reste obligatoire.
- Séparez la recherche de la réparation. La recherche de fuite — remise en état comprise — d'un côté, la réparation de la cause de l'autre : deux lignes distinctes, idéalement deux factures. Le client et son assureur s'y retrouvent, et vous évitez qu'une facture globale soit contestée en bloc.
- Avant de casser, faites valider. Une recherche destructive change l'assureur compétent. Un accord écrit du propriétaire, ou du gestionnaire de sinistre, vaut mieux qu'une discussion après coup.
- Rédigez un vrai rapport. Origine et cause de la fuite, localisation, techniques employées, photos : c'est la pièce sur laquelle les assureurs s'appuient, et celle que votre client vous réclamera. Notre modèle de rapport de recherche de fuite est gratuit.
- Rappelez au client de déclarer le sinistre. Il doit prévenir son assureur dès qu'il en a connaissance, dans le délai fixé par son contrat — au minimum cinq jours ouvrés. Le constat amiable dégât des eaux n'est pas obligatoire, mais il accélère le dossier.
Dans l'application mobile Prowyser, le rapport de recherche de fuite se remplit en cinq étapes : arrivée, constat, investigations, origine, conclusion. Pour chaque investigation, le technicien choisit la technique employée — inspection visuelle, caméra thermique, caméra endoscopique, mise en pression, gaz traceur, colorant, fumigène — et joint une photo, obligatoire. Le PDF rejoint le dossier de l'intervention, et la facture se crée dans la foulée.
Voir Prowyser pour les plombiersQuestions fréquentes
Locataire ou propriétaire : qui paie la recherche de fuite ?
Ni l'un ni l'autre directement, si leurs assurances jouent. Dans un logement occupé, c'est l'assureur de l'occupant — locataire ou propriétaire occupant — qui organise la recherche de fuite. L'assureur du propriétaire prend le relais si la recherche est destructive, si l'occupant n'est pas assuré, si le logement est meublé, saisonnier ou vacant, ou si un congé a été donné ou reçu au plus tard le jour du sinistre.
Et si la fuite vient des parties communes ?
C'est l'assureur de l'immeuble — celui du syndicat des copropriétaires — qui organise la recherche de fuite dans les parties communes. S'il apparaît que l'origine se trouve en réalité dans un lot privatif, le coût revient à l'assureur du copropriétaire concerné.
La réparation de la fuite est-elle comprise dans la recherche de fuite ?
Non. La convention IRSI exclut expressément la réparation de la cause. La recherche de fuite comprend les investigations, destructives ou non, et la remise en état de ce qu'elles ont endommagé. La réparation elle-même est une autre prestation, et sa prise en charge éventuelle dépend du contrat de celui dont l'installation est en cause.
Que se passe-t-il quand les dommages dépassent 5 000 € HT ?
Le sinistre sort de la convention IRSI. Chaque assureur intervient alors selon son propre contrat et les responsabilités de chacun, avec des procédures généralement plus longues.
Dans une maison individuelle, qui paie la recherche de fuite ?
Le client. Hors immeuble collectif, il cherche lui-même un professionnel, le paie, puis demande le remboursement à son assureur, si son contrat couvre la recherche de fuite.
Que veut dire IRSI ?
Indemnisation et Recours des Sinistres Immeuble. C'est le nom d'une convention conclue entre les sociétés d'assurance pour régler entre elles les dégâts des eaux et les incendies survenus dans les immeubles, jusqu'à 5 000 € HT de dommages par local. Elle s'applique aux sinistres survenus depuis le 1er juin 2018 et a remplacé la convention CIDRE.
Où lire le texte de la convention IRSI ?
France Assureurs ne la publie pas sur son site : c'est un accord privé entre assureurs. Des copies circulent, mises en ligne par des associations de copropriétaires ou des gestionnaires ; veillez à lire l'édition de février 2020, qui a modifié les règles de la recherche de fuite à compter du 1er juillet 2020, et non la version initiale de 2018. Ce guide s'appuie sur l'édition de 2020 et sur la fiche de l'Institut national de la consommation.
Un artisan peut-il se faire payer directement par l'assureur ?
La convention IRSI ne le prévoit pas : elle règle les rapports des assureurs entre eux et n'est pas opposable aux tiers. Vous êtes payé par celui qui vous a commandé l'intervention. Il en va autrement quand vous êtes missionné par un assisteur ou par un réseau de réparation en nature : c'est alors son ordre de mission qui fixe le cadre — ce qui est pris en charge, et par qui vous êtes réglé.
Sources officielles
- Service-public — Assurance dégâts des eaux (fiche F1352, vérifiée le 25 juillet 2025)
- Service-public — Copropriété : quelle assurance pour les parties communes ou privatives ? (fiche F2027, vérifiée le 22 juillet 2025)
- Institut national de la consommation — Les conventions de règlement des sinistres entre assureurs (4 juin 2018)
- Convention IRSI, édition de février 2020 — copie du texte (articles 1.1, 1.1.4, 2.2, 3.1 à 3.5, 4.1 et annexe 3)
Ce guide est une information générale, à jour à la date indiquée ; il ne remplace pas un conseil juridique. En cas de doute, reportez-vous aux textes cités.
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