À chaque opération qui touche au fluide d'une climatisation, d'une pompe à chaleur ou d'un équipement de froid, l'opérateur établit une fiche d'intervention : le Cerfa 15497, dans sa version 04. Les cadres 1 à 4 et les signatures se remplissent toujours ; les cadres 5 à 11 dès qu'il y a intervention sur l'équipement ; les cadres 12 et 13 seulement si du fluide part en déchet. Le détenteur et l'opérateur la conservent chacun au moins cinq ans, et elle peut être établie sous forme électronique.
Ce n'est pas un modèle que l'on refait à sa façon : la fiche d'intervention est un formulaire officiel, à télécharger sur le site des formulaires de l'administration. Ce guide suit sa notice explicative, cadre par cadre, et la complète par les articles du code de l'environnement qui en fixent les règles.
Quand la fiche est-elle obligatoire ?
Le principe tient en une phrase du code de l'environnement : l'opérateur établit une fiche d'intervention pour chaque opération nécessitant une manipulation des fluides frigorigènes effectuée sur un équipement. La notice précise : une fiche par opération, et par équipement.
- Les activités concernées : contrôle d'étanchéité, maintenance et entretien, assemblage, mise en service, récupération des fluides — sur tout équipement de réfrigération, de climatisation ou de pompe à chaleur.
- Les fluides concernés : CFC, HCFC, HFC et PFC. Un mélange de HFC et de HFO — le R-455A, par exemple — se traite comme un HFC.
- Les HFO purs : le règlement européen de 2024 sur les gaz fluorés leur a étendu les contrôles d'étanchéité. Le formulaire a été adapté pour eux, et peut servir à tracer ces contrôles.
- Ce qui en est exclu : la récupération des fluides sur des équipements hors d'usage, qui relève des filières de déchets.
Côté détenteur, l'obligation est symétrique : il doit faire réaliser toute intervention sur le circuit frigorifique par un opérateur titulaire de l'attestation de capacité. C'est le numéro de cette attestation que vous reportez au cadre 1.
Les quatre cadres à remplir à chaque fois
| Cadre | Ce qu'on y écrit |
|---|---|
| 1 — Opérateur | Votre raison sociale, votre numéro SIRET, votre numéro d'attestation de capacité. |
| 2 — Détenteur | Son nom, son adresse, son SIRET. Sans SIRET : le numéro d'inscription pour une association, le numéro de TVA intracommunautaire pour une entreprise étrangère — et, pour un particulier, simplement son nom et son prénom. |
| 3 — Équipement | Marque et référence du modèle, repère de l'équipement et du circuit s'il y en a plusieurs sur le site, fluide contenu (R-32, R-410A…), charge totale en kilogrammes et, pour les HFC et les PFC, tonnage équivalent CO2. |
| 4 — Nature de l'intervention | Une case : assemblage, mise en service, modification, maintenance, contrôle d'étanchéité périodique, contrôle d'étanchéité non périodique, démantèlement, ou autre (à préciser). |
La notice donne la formule : pouvoir de réchauffement planétaire du fluide × charge en kilogrammes ÷ 1 000. Pour un équipement à plusieurs circuits, on additionne les charges de tous les circuits. Ne devinez rien : reprenez les informations de la plaque signalétique de l'équipement. C'est ce tonnage qui détermine ensuite la fréquence des contrôles — et l'obligation de faire signer le détenteur.
Deux précisions de la notice sur le cadre 4. La maintenance s'entend d'une opération qui ouvre le circuit frigorifique : changement de filtre ou de cartouche déshydratante, purge, appoint d'huile, retrait et charge de fluide. Le contrôle d'étanchéité non périodique est celui que l'on fait après une réparation, ou après une ouverture du circuit.
Les cadres 5 à 11 : dès que vous intervenez sur l'équipement
- Cadre 5 — le détecteur manuel de fuite : son numéro de série ou son repère, et la date de son dernier contrôle. On l'oublie souvent ; c'est pourtant ce qui rend votre contrôle opposable.
- Cadre 6 — le système permanent de détection : oui ou non. La réponse change la fréquence des contrôles.
- Cadre 7 — la quantité de fluide : la tranche de charge, en kilogrammes pour les HCFC et les HFO, en tonnes équivalent CO2 pour les HFC et les PFC.
- Cadres 8 et 9 — la périodicité du contrôle : le cadre 8 sans système permanent de détection, le cadre 9 avec.
- Cadre 10 — les fuites : constatées ou non ; si oui, leur localisation, et si la réparation est faite ou reste à faire. Une fuite en attente de réparation doit être signalée par un marquage sur l'équipement.
- Cadre 11 — le fluide manipulé : les quantités chargées et récupérées, détaillées ci-dessous.
La fréquence des contrôles d'étanchéité
| Fluide et charge de l'équipement | Sans détection permanente | Avec détection permanente |
|---|---|---|
| HCFC — de 2 kg à moins de 30 kg | 12 mois | 12 mois |
| HCFC — de 30 kg à moins de 300 kg | 6 mois | 6 mois |
| HCFC — 300 kg et plus | 3 mois | 3 mois |
| HFC, PFC — de 5 à moins de 50 tonnes équivalent CO2 | 12 mois | 24 mois |
| HFC, PFC — de 50 à moins de 500 tonnes équivalent CO2 | 6 mois | 12 mois |
| HFC, PFC — 500 tonnes équivalent CO2 et plus, équipement mobile | 3 mois | 6 mois |
| HFO — de 1 kg à moins de 10 kg | 12 mois | 24 mois |
| HFO — de 10 kg à moins de 100 kg | 6 mois | 12 mois |
| HFO — 100 kg et plus | 3 mois | 6 mois |
Ce tableau reprend celui de la notice, qui renvoie à l'arrêté du 29 février 2016. Pour un équipement fixe de 500 tonnes équivalent CO2 et plus, la notice ne prévoit qu'un contrôle tous les six mois avec un système de détection permanent — trois mois dans un cas d'exception prévu par l'arrêté : reportez-vous au texte.
Le cadre 11, ligne par ligne
- Quantité chargée totale = A + B + C. A : le fluide vierge, jamais utilisé. B : le fluide recyclé, c'est-à-dire récupéré dans l'équipement puis réintroduit dans le même équipement. C : le fluide régénéré, retraité par un organisme pour retrouver les performances d'un fluide vierge.
- Quantité récupérée totale = D + E. D : le fluide destiné au traitement, retourné au distributeur pour être régénéré ou détruit — avec le numéro du bordereau de suivi sur Trackdéchets, s'il est connu. E : le fluide conservé pour être réintroduit dans le même équipement.
- Un fluide récupéré puis remis dans la même machine se compte deux fois : en E à la récupération, en B à la charge. La notice le demande expressément, pour rester cohérent avec les déclarations annuelles de flux.
- L'identifiant du contenant : le numéro de la bouteille ou du conteneur de récupération. S'il en a fallu plusieurs, notez-les tous.
- En cas de changement de fluide, précisez la dénomination du fluide chargé.
Les cadres 12 et 13 : seulement s'il y a des déchets
Si l'intervention ne produit aucun déchet de fluide frigorigène, ces deux cadres restent vides. Dans le cas contraire, le cadre 12 reçoit le code UN et la dénomination ADR du déchet, et le cadre 13 le nom et l'adresse de l'installation de destination — celle qui reçoit les déchets à l'issue de la collecte. Si votre collecteur les entrepose avant de les réexpédier, l'installation de destination est son site d'entreposage. Le cadre 14, lui, est libre : vos observations sur l'intervention.
Qui signe, et qui garde quoi
La fiche est signée par l'opérateur et par le détenteur, avec la date de l'intervention. Une simplification existe pour les petites charges : en dessous de 3 kg de HCFC ou de 5 tonnes équivalent CO2 de HFC ou de PFC, vous remplissez la fiche, mais le détenteur n'a pas à la signer. Pour une petite climatisation individuelle, vérifiez le tonnage sur la plaque : sous le seuil, la fiche reste obligatoire, c'est sa signature par le détenteur qui ne l'est plus.
Au-dessus de ces seuils, le code de l'environnement est précis : la fiche est signée conjointement, le détenteur conserve l'original, et chacun en garde un exemplaire pendant au moins cinq ans à compter de la signature, à la disposition des opérateurs qui interviendront ensuite et de l'administration. Pour les très grosses installations — plus de 300 kg de HCFC ou plus de 500 tonnes équivalent CO2 —, une copie de la fiche part au préfet quand une fuite est constatée.
Bonne nouvelle pour ceux qui n'aiment pas le papier carbone : ces fiches et registres peuvent être établis sous forme électronique.
Cinq erreurs qui reviennent
- Une fiche pour tout le site. C'est une fiche par opération et par équipement : trois groupes froids contrôlés le même jour, trois fiches.
- La charge en kilogrammes seulement. Pour un HFC, c'est le tonnage équivalent CO2 qui commande les seuils. Sans lui, impossible de justifier la fréquence cochée.
- Le cadre 5 vide. Un contrôle d'étanchéité sans l'identification du détecteur et la date de sa vérification est un contrôle que l'on ne peut pas prouver.
- Le fluide réintroduit compté une seule fois. Récupéré, puis rechargé dans la même machine : il figure en E et en B.
- L'exemplaire de l'opérateur introuvable. Cinq ans, c'est long. La fiche se range avec le dossier de l'intervention, pas dans la boîte à gants.
Soyons clairs : Prowyser n'a pas de modèle du Cerfa 15497. Vous le remplissez sur son support officiel, papier ou électronique ; il s'ajoute ensuite au dossier de l'intervention depuis le téléphone, en PDF ou en photo, à côté du bon signé et des photos. Vous retrouvez ainsi votre exemplaire le jour où un client, un confrère ou l'administration le demande — pendant les cinq ans où vous devez pouvoir le produire.
Voir Prowyser pour les chauffagistes et les climaticiensQuestions fréquentes
Le Cerfa 15497 est-il obligatoire pour une climatisation de particulier ?
Oui, dès que l'intervention manipule le fluide frigorigène : la fiche est établie pour chaque opération, quelle que soit la taille de l'équipement. En dessous de 3 kg de HCFC ou de 5 tonnes équivalent CO2 de HFC ou de PFC, le détenteur n'a simplement pas à la signer.
Quelle est la version en vigueur du formulaire ?
Le Cerfa 15497*04, avec sa notice n° 52064#04. Il a été adapté au règlement européen de 2024 sur les gaz à effet de serre fluorés, qui a étendu les contrôles d'étanchéité aux équipements contenant uniquement des HFO.
Qui doit conserver la fiche, et combien de temps ?
Le détenteur de l'équipement et l'opérateur, chacun son exemplaire, pendant au moins cinq ans à compter de la signature. Le détenteur conserve l'original. La fiche doit pouvoir être présentée aux opérateurs suivants et à l'administration.
Peut-on remplir la fiche sur tablette ou sur téléphone ?
Oui : le code de l'environnement admet que les fiches d'intervention et les registres soient établis sous forme électronique. Encore faut-il que ce soit bien le formulaire officiel, avec tous ses cadres.
Comment calculer le tonnage équivalent CO2 ?
En multipliant le pouvoir de réchauffement planétaire du fluide par la charge en kilogrammes, puis en divisant par 1 000. Pour un équipement à plusieurs circuits, additionnez les charges. Les valeurs à retenir sont celles de la plaque signalétique.
Faut-il remplir les cadres 12 et 13 à chaque intervention ?
Non. Ils ne servent que lorsque l'intervention produit des déchets de fluide frigorigène : code UN et dénomination ADR du déchet, puis installation de destination. Sans déchet, ils restent vides.
Sources officielles
- Service-public — notice explicative n° 52064#04 de la fiche d'intervention (Cerfa 15497*04)
- Service-public — formulaire Cerfa 15497*04, fiche d'intervention
- Légifrance — code de l'environnement, article R. 543-82 : fiche d'intervention, signature, conservation cinq ans
- Légifrance — code de l'environnement, article R. 543-83 : forme électronique
- Légifrance — code de l'environnement, articles R. 543-75 à R. 543-123 : fluides frigorigènes utilisés dans les équipements thermodynamiques
Ce guide est une information générale, à jour à la date indiquée ; il ne remplace pas un conseil juridique. En cas de doute, reportez-vous aux textes cités.
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