Depuis le 1er septembre 2026, chaque entreprise assujettie à la TVA doit passer par une plateforme agréée — un opérateur immatriculé par l'administration fiscale pour trois ans, anciennement « plateforme de dématérialisation partenaire » — pour recevoir ses factures électroniques, et demain pour les émettre et transmettre ses données. La liste officielle est publiée sur impots.gouv.fr, en deux colonnes : immatriculées, ou en attente des tests d'interopérabilité. Un logiciel « solution compatible » n'est pas une plateforme : il doit être raccordé à l'une d'elles. Avant de choisir, vérifiez cinq choses : ce que la plateforme fait pour un artisan, ce que fait votre logiciel de facturation, ce qu'utilise votre expert-comptable, le prix, et comment on en change — la loi garantit un an de continuité.
« Vous êtes rattaché à quelle plateforme ? » Depuis la rentrée, la question arrive d'un fournisseur d'énergie, d'un grossiste, d'un expert-comptable. Beaucoup d'artisans y répondent au hasard, ou pas du tout. Ce guide explique ce qu'est une plateforme agréée, où se trouve la seule liste qui compte, et les cinq points à vérifier avant d'en choisir une. Il complète notre guide sur la facture électronique pour les artisans, qui donne le calendrier et le champ de la réforme.
Ce qu'est une plateforme agréée, et ce qu'elle n'est pas
L'administration la définit comme un opérateur de dématérialisation immatriculé par elle, « pour une durée de trois ans renouvelable », après un dossier de candidature et des tests d'interopérabilité ; un service dédié de la DGFiP, le Service d'immatriculation, délivre et peut retirer ce numéro. Le code général des impôts en fait un passage obligé : l'émission, la transmission et la réception des factures électroniques « s'effectuent en recourant à une plateforme agréée ». Sur la page de référence de la DGFiP, ses rôles sont au nombre de quatre :
- émettre, transmettre et recevoir la facture électronique, du fournisseur au client, en la convertissant si besoin dans un format que le client accepte ;
- extraire et transmettre à l'administration certaines données de la facture — identification du fournisseur et du client, montant hors taxe, TVA due, taux ;
- transmettre les données des transactions qui ne donnent pas lieu à une facture électronique, comme vos ventes aux particuliers ;
- transmettre les données de paiement pour l'ensemble des opérations concernées.
Deux choses ne sont donc pas une plateforme agréée. Une « solution compatible » — un logiciel de facturation raccordé à une plateforme — porte son propre logo, mais, faute d'immatriculation, « ne sera pas autorisée à transmettre les factures » directement à l'administration ni à ses destinataires : elle passe par une plateforme. Et une facture PDF envoyée par e-mail n'est pas une facture électronique : l'administration le dit en une phrase, la facture électronique est émise, transmise et reçue sous forme dématérialisée, comporte un socle de données structurées, et passe par une plateforme agréée.
La liste officielle, et comment la lire
La seule liste qui fasse foi est celle d'impots.gouv.fr, mise à jour au fil des immatriculations — sa dernière modification date du 22 septembre 2026. Elle se lit en deux parties : les opérateurs « satisfaisant à l'ensemble des conditions, incluant les tests d'interopérabilité », et ceux qui ont déposé un dossier complet et attendent leur immatriculation définitive, « conditionnée à la réussite des tests d'interopérabilité ». Un prospectus qui parle de plateforme « en cours d'agrément » désigne la seconde colonne : rien n'interdit de la choisir, mais sachez-le.
Les immatriculations tombent semaine après semaine, et les offres avec elles. Nous n'avons relevé aucun prix ni aucune liste de fonctions que nous pourrions dater et sourcer ; un tableau que nous ferions aujourd'hui serait faux dans un mois. Prowyser a construit son module autour de Pennylane, qui figure sur la liste ; ce n'est pas une recommandation générale, c'est notre choix d'éditeur.
Cinq questions avant de choisir
- Que fait-elle pour vous, concrètement ? Aujourd'hui, recevoir les factures de vos fournisseurs et les mettre à disposition de votre comptable. À partir du 1er septembre 2027, émettre vos factures aux clients professionnels et transmettre les données de vos ventes aux particuliers, avec les données de paiement des prestations : pour un dépanneur, c'est la plus grosse part. Vérifiez que l'offre couvre les trois, et pas seulement la réception.
- Que fait votre logiciel de facturation ? L'administration conseille de « prendre contact avec lui afin de connaître son positionnement au regard de la réforme ». Un logiciel raccordé à une plateforme vous évite de ressaisir ; un logiciel qui ne l'est pas vous oblige à déposer vos factures sur la plateforme à la main. Prowyser prépare son module avec Pennylane, sans qu'il soit encore ouvert à tous les comptes : nous le disons sur la page dédiée.
- Qu'utilise votre expert-comptable ? Rien ne vous oblige à prendre la même plateforme que lui — ni que vos clients ou vos fournisseurs, précise l'administration —, mais c'est chez lui qu'atterrissent vos factures reçues. Demandez-lui comment il veut les recevoir.
- Combien, et pour quel volume ? Les prix ne sont pas réglementés et varient selon le nombre de factures. Faites-vous écrire le prix par facture émise, par facture reçue, et pour l'e-reporting, avec ce qui est compris — archivage, portail, support.
- Comment en change-t-on ? C'est la question que personne ne pose, et la loi y répond : on peut changer de plateforme « à tout moment », la nouvelle plateforme fait les démarches et met l'annuaire à jour sous quinze jours ouvrables, l'ancienne continue d'assurer « certains services » pendant un an pour garantir la réception, et transmet sous cinq jours ouvrés les informations nécessaires. La fiche de service-public détaille la procédure ; le code général des impôts fixe le minimum d'un an.
L'annuaire : comment vos factures trouvent votre plateforme
Quand un fournisseur vous adresse une facture électronique, sa plateforme ne connaît pas la vôtre : elle interroge un annuaire central, mis à disposition par l'État et alimenté par les plateformes, qui « recense les informations nécessaires à l'adressage des factures électroniques ». Il indique, pour chaque entreprise, la plateforme chargée de la réception et ses adresses de facturation. Vous pouvez y vérifier votre propre rattachement, et celui d'un client. Le guide de démarrage de l'administration précise qu'une indisponibilité ponctuelle de l'annuaire ne bloque pas les échanges : les plateformes s'appuient sur les copies précédemment récupérées.
Et si ça coince au démarrage
Le guide pratique de démarrage publié par la DGFiP pose une ligne claire : « pendant la phase de démarrage, il n'y aura pas d'application des sanctions aux entreprises rencontrant des difficultés dans la mise en œuvre de la réforme mais qui sont engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité ». Ce n'est « ni un report ni une suspension » : l'administration distinguera les difficultés « réelles, documentées et suivies d'actions de correction » de l'inertie ou du refus. Pour la réception, le texte prévoit d'ailleurs une mise en demeure de se conformer dans un délai de trois mois avant toute amende. Concrètement : choisissez une plateforme, gardez la trace de vos démarches, et régularisez ce qui n'a pas pu suivre le circuit.
Le module de facturation électronique de Prowyser — Factur-X, contrôle des mentions, réception des factures de fournisseurs — est construit autour de la plateforme agréée Pennylane et n'est pas encore ouvert à tous les comptes. En attendant, deux gestes utiles : compléter le SIREN de vos clients professionnels dans leurs fiches, et sortir vos écritures par les exports comptables ou la synchronisation Pennylane.
Le calendrier et le simulateurQuestions fréquentes
Suis-je obligé d'avoir une plateforme agréée dès maintenant ?
Oui, en réception : depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA, franchise en base comprise, doit pouvoir recevoir des factures électroniques par une plateforme agréée. L'émission et l'e-reporting arrivent le 1er septembre 2027 pour les PME, TPE et micro-entreprises.
Mon logiciel de facturation peut-il être ma plateforme agréée ?
Seulement s'il est lui-même immatriculé par l'administration et figure sur la liste officielle. Sinon, c'est une « solution compatible » : elle doit être raccordée à une plateforme agréée, qui reste l'intermédiaire reconnu pour transmettre les factures et les données.
Dois-je choisir la même plateforme que mes clients ou mon comptable ?
Non. L'administration précise que chaque entreprise est libre de choisir la ou les plateformes de son choix, distinctes de celles de ses fournisseurs et de ses clients ; l'annuaire central fait le lien entre elles.
Puis-je changer de plateforme plus tard ?
Oui, à tout moment. La nouvelle plateforme fait les démarches et met l'annuaire à jour sous quinze jours ouvrables ; l'ancienne continue d'assurer certains services pendant un an et transmet sous cinq jours ouvrés les informations nécessaires à la continuité.
Une plateforme « en cours d'immatriculation » est-elle une plateforme agréée ?
Pas encore. La liste d'impots.gouv.fr distingue les opérateurs immatriculés définitivement, après les tests d'interopérabilité, de ceux dont le dossier est complet et qui attendent ces tests. Rien n'interdit de la choisir ; sachez seulement dans quelle colonne elle est.
Que se passe-t-il si je n'ai rien fait au 1er septembre 2026 ?
Le calendrier s'applique, mais l'administration a écrit qu'elle n'appliquerait pas de sanction pendant la phase de démarrage aux entreprises engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité ; pour la réception, une mise en demeure de trois mois précède toute amende. Choisissez une plateforme et documentez vos démarches.
Sources officielles
- impots.gouv.fr — Facturation électronique et plateformes agréées : rôles d'une plateforme, immatriculation, solution compatible (consultée le 23 septembre 2026)
- impots.gouv.fr — Je consulte la liste des plateformes agréées (page modifiée le 22 septembre 2026, consultée le 23 septembre 2026)
- impots.gouv.fr — Est-ce qu'une facture envoyée par mail est une facture électronique ? (page modifiée le 16 janvier 2026)
- DGFiP — Facturation électronique : guide pratique de démarrage au 1er septembre 2026 (PDF, consulté le 23 septembre 2026)
- entreprendre.service-public.gouv.fr — Comment se mettre en conformité avec l'obligation de facturation électronique ? (fiche F39785, vérifiée le 7 août 2026)
- Légifrance — code général des impôts, article 289 bis : recours à une plateforme agréée, annuaire central, changement de plateforme (version en vigueur depuis le 21 février 2026)
Ce guide est une information générale, à jour à la date indiquée ; il ne remplace pas un conseil juridique. En cas de doute, reportez-vous aux textes cités.
30 jours offerts, sans carte bancaire. Devis signé sur le téléphone, bon d'intervention, facture et relances.